Forêt verticale

2 immeubles en forêt :

Vous connaissez, dans la région PACA, l’architecte Stéfano Boeri, pour sa réalisation Marseillaise “Villa Méditerranée”. Ce Bâtiment qui abrite le centre international pour le dialogue et les échanges en Méditerranée est posé sur l’ancien môle J4, entre la cathédrale de la Major et le MUCEM (de Rudi Ricciotti).

Une structure béton à Marseille

Villa méditerrannée

La “Villa Méditerranée” est une structure en béton brute en forme de C, rayonnant sur et sous la mer (une grande part du bâtiment est construite en sous sol) et englobant la mer, via un bassin de 2000 m².

L’avancée et le sur-plomb de cette construction est impressionnante. La structure de la villa est une armature métallique réalisée par la société Castel Fromaget et son parement est essentiellement constituée de verre (sur les  flancs de l’ouvrage) et de béton brut.

Cette construction a été une des première réalisation visant à reconquérir la mer et la Darse sur l’emplacement des anciens Dock J4 de Marseille.

Villa méditerranée

Un mélange de béton et de végétal :

Alors que dans les Bouches-du-Rhône, l’architecte a déployé un projet assez austère, brut et minéral,  il vient de livrer à Milan 2 immeubles tout à fait différents.

bosco verticale

Cette réalisation “Bosco Verticale” se compose de 2 unités d’habitation de 110 et 76 m de haut totalement végétalisées en périphérie, les arbres courant sur toute la hauteur de la construction. Ce projet est né d’un objectif de renouvellement du tissu urbain de la capitale Lombarde dans le cadre de la future exposition internationale de 2015. Milan est une ville très dense et polluée, aussi Stéfano Boéri a  prévu d’organiser une ceinture verte de la ville.

Une première pierre vient d’être livrée à Milan sous la forme de 2 immeubles intégrant des “jardins suspendus” sur tous les niveaux. Ainsi habillées d’une Forêt verticale l’immeuble devient un phare vert de la ville.

La conception se veut dense. Densifier la végétation et densifier les habitants sur une surface restreinte pour redonner à la nature sa place dans le tissu urbain. Il y a ainsi, dans les tours, autant de résidents que d’arbres. Ainsi sur cette emprise de 7000 m² l’architecte a pu planter 900 arbres de hautes tiges (de 3 à 9 m) ,plus de 2000 arbustes et une multitude de plantes basses.

Les avantages des arbres :

Outre une signature architecturale évidente des immeubles, l’installation des arbres répond à de nombreuses problématiques rencontrées dans la conception de maisons ou de projets collectifs.

Ici, l’architecte à pensé utiliser les frondaisons des arbres pour filtrer l’air chargé de particules de Milan. Les arbres, avec leurs écosystèmes (Feuilles, sol, mousses…) agissent ici comme un filtre géant protégeant les habitants des appartements de la pollution. Les arbres, contrairement à des filtres n’ont pas besoin d’être changés régulièrement et n’ont pas besoin de maintenance (mais de soins..).

bosco verticale  bosco verticale bosco verticale

Mais, bien vite, les arbres et les végétaux ont répondus à de nombreuses autres problématiques constructives :

  1. création d’un micro climat, améliorant le confort d’été par l’ombre créée et l’évapotranspiration des végétaux.
  2. protection efficace face aux vent en réduisant les nuisances,  en améliorant les performances thermiques du bâti et en diminuant donc ses besoins en énergies.
  3. le rideau de végétation entourant l’immeuble permet un filtrage des bruits, la création d’un fond sonore agréable améliorant la perception des bruits extérieurs.
  4. les végétaux  produisent un rideau de feuille cadran des vues et protégeant l’intimité des habitants
  5. Les arbres participent à un stockage carbone et transforment le CO² en O² au bénéfice de tous.
  6. ils participent au traitement des eaux et au stockage des eaux pluviales (qui sont récupérées pour servir d’arrosage).
  7. enfin ce concept végétal permet de créer un identité forte et un lien entre les occupants de la structure.

bosco verticale

Quelques chiffres :

Ce projet du studio Boéri  est en construction depuis 2008, il va regrouper sur 110 et 76 m plus de 900 arbres, 5000 arbustes, 11 000 plantes.

Il a enfin coûté 65 000 000 d’euro.

Si Milan est loin pour une visite passez voir le Mucem et la Villa sur les quais de Marseille

 

Architecture Marseille

Voir Marseille !

L’architecture à Marseille a été marquée cet année par l’émergence du MUCEM de l’architecte Rudy Ricciotti. Ce bâtiment est magnifique et il a attiré les regards vers la préfecture des Bouches-du-Rhône et a contribué à redonner à la ville une façade maritime.

Toutefois l’architecture de Marseille est riche de nombreuses réalisations (le Palais Longchamp, la tour CGM…). L’un des bâtiments les plus important est pourtant peu visité et parfois même ignorée. Cet immeuble fut même longtemps raillé par les Marseillais qui lui ont attribué le doux nom de “maison du Fada” !

la cité radieuse

Cet immeuble, “la cité radieuse” a été pensé par un des architectes les plus marquant du XXéme siècle Charles-Edouard Jeanneret, (Le Corbusier). Il est la réalisation d’une vision et d’un travail de 20 ans sur le logement collectif et l’urbanité.

le corbusier

Architecture vivante :

la cité radieuse  la cité radieusela cité radieuse la cité radieuse

Le programme, toujours d’actualité, peut-être résumé en lumière et espace. Répondant à un appel d’offre de l’immédiate après-guerre, Le Corbusier va mettre en œuvre son concept de cité jardin. L’idée est de rendre de l’espace à la ville, à la vie en densifiant les bâtiments pour pouvoir les éloigner les uns des autres. L’espace ainsi gagné doit être dans son esprit consacré aux jardins, espaces verts…

Pour obtenir cette densité d’habitation l’architecte augmente les dimensions de sa cité par rapport aux constructions de l’époque (environ 10 m de profondeur pour 25 m de haut). Il propose avec la Cité Radieuse un immeuble de 24 m de large et 56 m de hauteur (soit 18 niveaux) sur plus de 130 m de long. Le volume ainsi multiplié par 4 permet de réaliser un “village”, une unité de 337 logements abritant 1600 habitants.

la cité radieuse

La largeur de l’immeuble et son orientation Est-Ouest offre à l’architecte la possibilité de réaliser des appartements traversants et profonds  bénéficiant des vues et de la lumière des 2 façades. Une des grandes originalités de l’habitation provient de cette organisation. En effet, pour distribuer ces appartements traversants, Le Corbusier organise des circulations, des rues intérieures qui parcourent longitudinalement le bâtiment. Pour pouvoir “enjamber” ces rues intérieures, les appartements ont 2 niveaux et rappellent ainsi aux habitants la vie dans les villas. L’espace est ainsi organisé autour de nivaux comportant 3 étages. Celui du couloir est enserré par les appartements qui le jouxtent et qui passent sur et sous lui. Les habitants disent qu’ils vivent dans un appartement montant ou descendant par rapport à cette circulation commune.

Construire la vie

la cité radieuse la cité radieuse

Dès le départ la “maison du fada” est organisée comme une entité autonome. Elle abrite donc des commerces (boulangerie, alimentation..) et des services (école, hôtel, crèche..). Il reste des travailleurs dans la cité avec en particulier une librairie spécialisée en architecture “Imbernon”, un hôtel “Le Corbusier” et un restaurant “le ventre de l’architecte” mais aussi une agence immobilière, un cabinet d’architecture….

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Il est donc possible de visiter la cité ( avec Djamila Ouzebiha qui vous guide du mardi au samedi à partir de 14h30 –0491138906– ). Il est également possible de visiter un appartement meublé de façon originale (1950), mais aussi de passer une nuit dans l’hôtel ou même de louer un des appartements proposé en court séjour (contacter l’agence immo au 0491325166 ou www.espace-atypique.com).

 

le modulor le corbusierIl existe de nombreux sites et livres sur le Corbusier et son parcours mais je vous propose de passer par les sites des habitants du Corbusier à Marseille www.marseille-citeradieuse.org.

Vous qui passez par Marseille, faites le détour vous ne serez pas déçu par ce bâtiment qui est emblématique de l’architecture du 20eme siècle.

Le Corbusier a construit en bois

Pour la petite histoire, Le Corbusier, qui est l’architecte du béton brut et qui a porté l’art de ces bâtiments collectif de Marseille à Chandigarh a construit en 1952 une maison en bois, un cabanon plutôt, en bardage de  pin à Roquebrune-Cap-Martin (Alpes-Maritimes 06).

C’est auprès de cette cabane de bois qu’il repose à jamais.

 

 

 

 

 

 

construire bois-rouler vert

Construire en bois c’est beau, c’est écologique, alors si on pouvait rouler vert en plus !!

rouler vert

rouler vert

Garer une voiture électrique à coté d’une maison en bois, la recharger (au moins partiellement avec des panneaux photovoltaïques) et l’utiliser au quotidien pour travailler, aller contrôler nos chantiers, rencontrer les architectes et venir discuter avec vous de vos projets, ce serait tout de même formidable.

On pourrait approcher les 5 piliers du développement futur évoqué par Jéremy Rifkin dans son dernier livre “la troisième révolution industrielle” aux éditions les liens qui libèrent. Les 5 piliers de de cette nouvelle ère industrielle seraient  :

  • chaque bâtiment est autonome en énergie (efficacité énergétique -d’où l’intérêt d’une maison en bois–  et production autonome).
  • production d’énergie renouvelable (éolien, co-génération, photovoltaïque…)
  • stockage de cette énergie (les batteries de voitures, pourrait y contribuer)
  • partage de cette énergie (en peer to peer de type réseau internet)
  • déplacement non carboné (voiture électrique..).

Avec les maisons bois que nous construisons, nous avons les 2 premiers point de cette transition vers une économie hors pétrole. Nos maisons sont très isolées et nombre d’entre elles ont recours à des énergies renouvelables (souvent du solaire).

Le stockage de l’énergie reste problématique, même si des scenarii à base d’hydrogène ou de turbinage  sont évoqués. Mais la voiture électrique pourrait être une part de la solution en utilisant la batterie du véhicule en tampon et surtout en ré-utilisant les anciens packs de batteries (sous 80% de puissance de stockage) dans les maisons.

Mais voilà, si rouler vert était jusqu’à présent possible pour des usages urbains ou péri-urbains, une voiture électrique n’était pas facilement envisageable pour moi et pour tous les habitants des campagnes devant faire 3 ou 4000 km tous les mois.

De plus en plus, cette utilisation “intensive” d’un véhicule électrique devient possible et le rêve de rouler vert, zen et dé-carboné s’approche.

rouler vert rouler vert rouler vert

Avant  la BMW i3, il y a eut la Tesla S. Belle voiture, technologie de pointe (autonomie de plus de 500 km et performances d’une M5). Jusqu’à présent c’était une voiture assez exotique, un rêve lointain. Mais maintenant la présence de cette voiture s’approche. Sur Aix en Provence, une société loue cette voiture (pour l’instant avec chauffeur) et à Marseille, un propriétaire (ACDC sur le forum http://www.automobile-propre.com/) vient de réaliser le 1er Marseille-Paris en voiture électrique dans la journée.

Alors bien sûr la Tesla est une voiture encore couteuse (entre 65 000 et 90 000 €), mais ce test permet de vérifier qu’au quotidien garer un véhicule électrique contre sa maison en bois devient possible (et souhaitable !). Tesla prépare une berline moins chère pour le continent européen (la modèle E), GM envisage également pour 2016 une voiture plus petite que la Volt (avec 300 km d’autonomie électrique + un moteur d’appoint), bref la brèche est ouverte.

rouler vert rouler vert

Alors cap sur 2020 avec des maisons bois passives voir positives en énergie (BEPOS) et une voiture permettant de rouler vert.

pour en savoir plus : http://www.maisoncotesud.fr/voiture-ecologique-maison-bois/